Les 24h de Puttelange Pour Quentin

La cote de la rue Madame Lallemand

100 mètres d'horreur.

Dans la coteLa cote de la rue de Madame Lallemand a cette chose de particulier  : c'est que sa déclivité augmente avec le nombre de fois qu'on la gravit.
Pourtant , au premier tour... les 5% sont avalés au petit trot, puis, au 30 eme on a plutôt tendance à penser que s'il y a un passage dans ce circuit urbain qu'il faudrait baptiser "zone de récupération" ce serait bien là que ça se passe. Pourtant des zones de récupération il y en a plein sur le parcours: au virage de la supérette où les nids de poules et le gravillon rendent la course un peu compliquée, avec en ligne de mire le stand de ravitaillement , ça donne un objectif précis.  Et bien non, hasard... on récupère dans la cote de Madame Lallemand, non pas parce que les petites vieilles qui assistent a à la course , accoudées aux fenêtres, sont bien sympathiques. Non pas parce que ça sent bon les fleurs... mais parce que c'est le moment de papoter avec les autres coureurs. (On va faire semblant d'y croire)

dans la coteDe quoi papote-t-on dans le peloton ?

Jean claude, dossard 41, vous expliquera qu'au regard de la Vallée de la mort, et de la Transam  en solitaire et sans escale, qu'il a fait déjà douze fois... cette cote , c'est l'Erebus de Jean-Louis Etienne , l'Aconcagua d'Herzog,  bref, une véritable cata  au sens tibétain du terme (d'ailleurs n'a-t-il pas fait aussi le trail de Katmandou ?)
Les vieux routiers prennent la chose avec philosophie en devisant sur l'éducation des petits enfants, alors que les coureurs, nous entendons par là , ceux qui sont là pour faire un score , ou tout simplement  finir au top du classement ... eux ne disent pas grand chose.

Pousseraient-ils la gagne jusqu'à profiter de cet instant quasi sacré  de la course, où dans un large consensus dicté par la pente , on convient de ne pas se faire de vacheries, pour justement lâcher une vanne à crever de rire histoire de larguer le concurrent plié en deux  par l'effet désopilant, avec une accélération subtile ,mais bien sensible ?

On parle de course , bien évidemment ,  des galères comme des bons moments. Trucs et astuces de coureurs, développements technologiques et préparation mentale. A ce titre nous vous convions à lire l'article fort bien documenté sur Salvatore Fucca ( malheureusement forfait cette année).

Dans la coteEt il y a ceux qui n'ont  rien compris 

Ou qui ont choisi la tactique consistant à attaquer justement dans la cote. En oubliant toutefois qu'une 24h se gagne sur plusieurs plans - nous préférerions dire  plutôt "se finit", car finir une 24h est en soi une victoire

Donc, une 24heure c'est une histoire d'usure musculaire, ligamenteuse, une affaire de gestion de la nutrition  , accessoirement du sommeil. En aucun cas  une 24h ne concerne le souffle ou la fréquence cardiaque (en partant du postulat que les coureurs ne sont pas des débutants dans le domaine).

 Cette course se gagne aussi au  mental.

La cote de la rue de Madame Lallemand  est un excellent moteur, c'est l'aiguillon mental de cette course.  Au début de la course c'est une "complication de course, vers minuit une "parfaite chieuse", à  9 h, le dimanche on la déteste. A  11 h c'est la bête noire à abattre, à midi, c'est la seule bonne raison de finir cette course,  compteur de la douleur car  on la passe toutes les 5 minutes.

Chaque passage est une sorte d'issue vers la fin du calvaire. A ce titre cette cote  est la meilleure mauvaise chose de cette course.

Finalement cette Madame Lallemand devait être une sacrée bonne femme pour qu'on lui donne le nom de cette rue.